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Strategie Culturelle

La Mauritanie a toujours été, et restera, le lieu de convergence des divers courants civilisationnels. Elle représente le foyer de brassage de nombreuses cultures qui se sont formées au rythme des flux migratoires et qui ont fini par se fondre et s’intégrer pour produire une culture admirable et unique en son genre. Les nombreuses appellations dont elle fut désignée (Bilad Chenguitt Terre des hommes, Pays au million de poètes), attestent de sa richesse et de sa diversité et, malgré la pluralité et la richesse des composantes culturelles qui la fondent, elle est restée substantiellement une seule et même culture : la culture mauritanienne.

Il est établi historiquement que le socle sur lequel s’élève l’entité mauritanienne est avant tout sa culture :  le mouvement des almoravides fut dans son essence un projet culturel   qui malgré l’absence d’un Etat, une longue période durant, a réussi à préserver l’unité et la pérennité de l’ensemble mauritanien. Il a, par ailleurs, légué à la postérité une civilisation remarquable par sa vitalité et son aptitude à toujours innover dans les différents domaines aussi bien culturels qu’économiques.
Ce modèle mauritanien, flambeau civilisationnel promené par les Almoravides à travers  tout le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest qui redonna, pour longtemps à cette région unité et autorité, permit l’édification d’un Etat prestigieux qui a allumé et entretenu toujours vive l’étincelle de la cohésion culturelle, civilisationnelle et religieuse de l’ensemble maghrébin et ouest africain.

Le respect largement partagé de la diversité, malgré la multiplicité des langues et des modes de vie et la fusion de toutes les composantes culturelles sous le parapluie d’une même religion et d’un système d’enseignement unifié ont contribué à la préservation de cette nation, de son peuple et de sa civilisation.

Mars 2004


I. INTRODUCTION

A) -  CONTEXTE :

La Mauritanie a toujours été, et restera, le lieu de convergence des divers courants civilisationnels. Elle représente le foyer de brassage de nombreuses cultures qui se sont formées au rythme des flux migratoires et qui ont fini par se fondre et s’intégrer pour produire une culture admirable et unique en son genre. Les nombreuses appellations dont elle fut désignée (Bilad Chenguitt Terre des hommes, Pays au million de poètes), attestent de sa richesse et de sa diversité et, malgré la pluralité et la richesse des composantes culturelles qui la fondent, elle est restée substantiellement une seule et même culture : la culture mauritanienne.

Il est établi historiquement que le socle sur lequel s’élève l’entité mauritanienne est avant tout sa culture :  le mouvement des almoravides fut dans son essence un projet culturel   qui malgré l’absence d’un Etat, une longue période durant, a réussi à préserver l’unité et la pérennité de l’ensemble mauritanien. Il a, par ailleurs, légué à la postérité une civilisation remarquable par sa vitalité et son aptitude à toujours innover dans les différents domaines aussi bien culturels qu’économiques.
Ce modèle mauritanien, flambeau civilisationnel promené par les Almoravides à travers  tout le Maghreb et l’Afrique de l’Ouest qui redonna, pour longtemps à cette région unité et autorité, permit l’édification d’un Etat prestigieux qui a allumé et entretenu toujours vive l’étincelle de la cohésion culturelle, civilisationnelle et religieuse de l’ensemble maghrébin et ouest africain.

Le respect largement partagé de la diversité, malgré la multiplicité des langues et des modes de vie et la fusion de toutes les composantes culturelles sous le parapluie d’une même religion et d’un système d’enseignement unifié ont contribué à la préservation de cette nation, de son peuple et de sa civilisation.

Le génie de ce peuple en a fait l’unique au monde à être à la fois nomade et érudit ; car, la vie des éleveurs caractérisée par la mobilité et la transhumance  est incompatible avec l’acquisition du savoir, qui fut de tout temps le produit de la vie en cité et de la stabilité. Notre peuple a fait exception à la règle en créant des conditions originales pour la diffusion du savoir : (l’université mobile, la bibliothèque portée, les cours itinérants, les facultés à dos de chameaux). Il a aussi assuré l’autosuffisance en matière d’outils et ustensiles de ménage, d’objets d’art et même de fabrication d’armes.
«  Cette civilisation nous a été chère, parce que nous avons été pétris et façonnés par elle, elle avait ses charmes, son code d’honneur, et ses impératifs catégoriques* » .
 
Mais, il est aujourd’hui temps de promouvoir  cette expérience singulière après que l’inexorable loi du temps l’eût  enfin vouée au repli sur soi, annonciateur d’une extinction sûre si une réelle volonté de promotion et de conservation n’intervient en sa faveur.

En effet, pendant de longues années, la culture a sombré , victime d’une génération contemporaine, en contradiction avec elle-même culturellement, linguistiquement et philosophiquement et qui pense trouver dans l’adoption de l’expérience et la pensée de l’autre, la meilleure solution pour les problèmes du pays.

B) -  CULTURE DU DEVELOPPEMENT :

L’appel historique de Néma, le 5 mars 1986, jeta les bases d’un projet de société fondée sur les principes de justice et d’égalité et déclencha la dynamique de l’éveil culturel et scientifique, dans le cadre d’une vision moderniste soucieuse de l’édification d’une personnalité mauritanienne attachée à son identité civilisationnelle, rejetant toute forme d’assimilation, une Mauritanie ouverte sur le monde, intégrée au mouvement d’ensemble de la mondialisation.
Le bilan depuis lors, fut grand : l’émancipation de la femme par le savoir, les programmes de lutte contre l’analphabétisme, l’obligation de l’enseignement de base, le savoir pour tous, la préservation et la valorisation du patrimoine culturel national, sans oublier l’amorce de l’essor culturel : un livre pour chaque citoyen, une bibliothèque dans chaque village, la création des prix Chinguitt etc…

C’est donc dans ce contexte, et conformément aux orientations du Président de la République et pour répondre à ses engagements électoraux qu’intervient cette politique de développement culturel qui vise à présenter une stratégie  qui prône le modernisme et le développement, à travers une saine et libre compétition des idées. Elle ouvre devant les jeunes générations des perspectives nouvelles, propices à l’éclosion des talents tout en privilégiant notre propre vision des choses et les intérêts supérieurs de la Nation.

Dans un climat international de liberté et de démocratie, caractérisé par l’ouverture sur des milliers de chaînes de télévision, sur les autoroutes de l’information, les millions d’imprimés, les titres de presse diffusés quotidiennement ; de termes nouveaux , déversés par centaines à la seconde près, dans cette ambiance où le mauritanien comme tout autre citoyen du monde est exposé à l’influence d’un flot inendiguable d’idées, de théories, de styles tentants, de modes de consommation et d’appels tantôt salutaires et tantôt néfastes,  «Dans ce monde qui se globalise de plus en  plus par la force de l’audio vision , de la télédiffusion et de la généralisation du Savoir , toutes les citoyennes, tous les citoyens deviennent des acteurs du devenir National»* .

Il existe un large consensus au sein de la communauté culturelle internationale sur la nécessité d’assurer l’implication et la participation du grand public et des groupes les moins favorisés, au processus de transformation socioculturelle et économique pour aboutir à un réel développement humain
Le rôle de la culture dans le développement est communément reconnu, car elle est envisagée comme étant la représentation d’un état social complexe englobant tout à la fois le mode de pensée, le système de valeurs et usages, les normes de l’esthétique et les croyances d’une communauté donnée. La culture ne peut être réduite à la seule production littéraire ou autres valeurs spirituelles et scientifiques, elle englobe une gamme étendue d’activités représentant les diverses manifestations de la culture de la Nation.

Nous considérons que toutes ces manifestations et activités, éléments essentiels de la Culture Nationale, méritent toute l’attention de l’Etat et doivent figurer en bonne place dans les programmes de développement du pays. Les activités culturelles sont, en effet, à même d’offrir des opportunités de travail et peuvent constituer une source de revenu, à travers la création artistique et la libération du génie créateur du citoyen. Tout cela contribue à faire naître une industrie culturelle de développement dans différents domaines :

- les arts savants (poésie, récits, romans, techniques de l’information et de la communication…) ;
- les arts dramatiques : théâtre, opéra, ballet ;
- les arts cinématographiques : films documentaires, films de court métrage, etc.) ;
- les arts plastiques : peinture, sculpture, photographie, etc. ;
- les arts musicaux : troupes nationales, orchestres, groupes musicaux, chœurs ;
- Les arts populaires : chant, danse, poésie populaire ;
- Les jeux traditionnels : sig, khreibga, dhamet, krour, etc. ;
- Les arts vestimentaires : maintenir les modes nationales tout en les réformant et les adaptant, encourager l’esprit d’innovation en organisant les défilés de haute couture et des expositions du prêt-à-porter ;
- Les arts culinaires : faire l’inventaire des composantes des spécialités mauritaniennes, moderniser la cuisine en améliorant la valeur nutritive des repas et en les rendant plus compétitifs dans les domaines de l’hôtellerie et de la restauration ;
- L’artisanat : moderniser le secteur, en adoptant outils et meubles aux besoins de la sédentarisation au lieu de rester typiquement appropriés à la vie nomade, et faire du secteur un pôle d’attraction dans le domaine du tourisme culturel national.

II. DIAGNOSTIC DU DEPARTEMENT DE LA CULTURE :

Malgré les efforts de modernisation et de reconstruction et le décollage que connaît le pays dans tous les domaines et plus particulièrement  en matière d’acquisition du savoir (à travers la réforme  de l’enseignement, la campagne du savoir pour tous, le lancement de l’initiative pour la promotion du livre, la valorisation du patrimoine culturel et l’institution des prix Chenguitt), le Ministère de la culture comme département est resté à l’écart de cet élan.

En effet, à l’exception de la Maison de la Culture, fruit de la coopération sino-mauritanienne, le Ministère ne bénéficie d’aucune réalisation culturelle notoire.

Sur toute l’étendue du territoire national  la présence du Ministère se résume comme suit :

 La direction de la culture qui comprend  deux services :
• Le service de la culture et des arts ;
• Le service de la propriété intellectuelle et de la coopération
  culturelle.

 La direction des bibliothèques qui comprend deux services :
• Le service des bibliothèques ;
• Le service technique.

Les deux directions accusent un déficit de compétences et d’experts dans leurs domaines respectifs. Elles n’organisent généralement que des activités culturelles limitées dans l’action administrative et la gestion de la Bibliothèque Nationale qui elle, organise ponctuellement notre participation à certains forums à l’étranger (exposition du livre de Tunis, Dakar ou Casablanca).

Ces deux directions manquent de moyens pour assurer leur fonctionnement administratif et couvrir l’ensemble des besoins en matière de transport et d’équipement.

Le Musée qui a perdu un nombre considérable de pièces archéologiques mérite une rénovation dans tous les domaines.

Il est à noter, par ailleurs que le Ministère ne produit aucune publication culturelle depuis la disparition de la revue Ribat culturel  en 1998.

III. OBJECTIFS DE LA STRATEGIE


Une politique culturelle solide et réfléchie est donc nécessaire pour rendre les transformations socioculturelles et économiques  plus humaines, et pour assurer la durabilité et l’efficacité des interventions en matière de développement. Elle doit s’assigner les objectifs suivants :

- Assurer la libre participation de chaque citoyen dans la vie culturelle de sa  société ;
- Assurer la libre expression des pensées et des identités culturelles ;
- Permettre l’exercice des droits individuels et collectifs ;
- Encourager la créativité et la diversité ;
- Sauvegarder et   valoriser le patrimoine  culturel dans sa diversité ;
- Contribuer au développement humain durable ;
- Promouvoir la complémentarité interculturelle.

En un mot, il s’agit de créer les meilleures conditions pour réaliser un développement harmonieux et durable du pays et contribuer  à son rayonnement culturel.

IV. AXES DE LA STRATEGIE


Les axes de cette stratégie visent à déclencher le processus de développement culturel, afin que celui-ci accompagne le rythme de l’évolution que connaît le pays dans les autres domaines. Il s’agit de mettre en place les infrastructures nécessaires pour la création  et le renforcement des industries culturelles génératrices de revenus et d’emplois.
C’est là une condition première pour la formation d’un citoyen modèle, attaché à ses propres valeurs et à celles de son époque, conscient de ses droits et devoirs envers la patrie et fortement engagé dans l’effort de sa construction et de défense de ses acquis en matière de développement, de liberté et de démocratie. Une attention particulière sera accordée dans ce cadre à l’utilisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication dans le développement culturel de notre pays.


Axe n°1 : Au niveau institutionnel

Pour adapter les textes de lois relatifs à la culture avec les impératifs de la politique de développement culturel présentés dans cette stratégie il convient de :

1. Réviser et renouveler le dispositif législatif et réglementaire relatif au patrimoine culturel tangible (réviser la loi n°160/72 du 31 juillet 1972 relative à la préservation et la valorisation du patrimoine  national préhistorique, les vestiges et les villes anciennes) ;

2. Réviser les textes relatifs à la ratification des conventions internationales sur la protection du patrimoine culturel tangible ;

3. Créer des délégations régionales du Ministère, pour superviser l’activité culturelle et l’encadrement des jeunes  à l’intérieur du pays ;

4 .Créer un bureau  d’auteurs et faire adopter les textes y afférents.

Axe n°2 : Dans le domaine de la culture vivante 

a) -  Le Théâtre
 1- Construction d’un théâtre national moderne, pluridisciplinaire à Nouakchott, avec un espace culturel intégré : ( un cinéma, des salles d’enregistrement audiovisuel, des ateliers de fabrication d’instruments de musique, etc.).

2- Former des stagiaires mauritaniens dans les domaines de la réalisation, du décor, de l’ingénierie du son, du scénario, de la distribution et l’administration théâtrale.

3- Assurer une assistance technique dans les domaines du théâtre afin de former sur place des techniciens nationaux en la matière.

4- Formation moyenne et supérieure des étudiants mauritaniens dans les différentes branches de la technique théâtrale pour qu’ils participent, le moment venu, au démarrage du théâtre national.

5- Contribuer à l’encadrement des associations et des troupes théâtrales locales.

6- Encourager les dramaturges et scénaristes nationaux en leur accordant des bourses, des stages et des prix.

7- Organiser un festival national du théâtre pour amateurs qui sera l’occasion de distribution de prix et médailles.

8- Organiser un théâtre ambulant dans les wilayas de l’intérieur pour diversifier les loisirs et promouvoir un climat culturel propice à la diffusion du savoir et à même de cultiver chez le citoyen les vertus civiques  en choisissant des sujets adaptés aux différents milieux.

9- Encourager la pratique théâtrale dans les écoles et universités et organiser des compétitions annuelles pour identifier les meilleurs talents.

10- Construire  des théâtres régionaux et former des troupes de wilayas suivant une programmation étudiée.

11- Formation d’une troupe théâtrale nationale et d’une autre dans les arts populaires pour représenter notre pays dans les manifestations internationales.


b) - La Musique

1- Créer un conservatoire national de musique destiné à protéger notre patrimoine musical.

2- Constituer une Académie Nationale de la recherche et des études musicales chargée de l’aménagement d’un musée des instruments musicaux traditionnels en voie de disparition.

3- Encourager les amicales, les troupes et les associations musicales locales à générer une production musicale qui sera commercialisée en collaboration avec le secteur privé, afin d’occuper l’espace vital de la culture mauritanienne dans la sous-région.

4- Organiser un festival des arts populaires destiné à accueillir la chanson  rustique dans la sous-région pour accorder un plus grand intérêt à l’héritage artistique mauritanien lié à la musique : la poésie populaire, les chants, la danse, l’art du mime, les contes, les récits et légendes.

5- Organiser, un festival biennal de la chanson mauritanienne pour promouvoir la chanson mauritanienne moderne.

6- Organiser à Nouakchott, un festival de musique nomade.

c)- Les Arts Plastiques

1. Organiser une biennale des arts plastiques qui sera l’occasion de l’éclosion du génie créateur de nos artistes.

2. Encourager la formation d’associations et amicales  de peintres et sculpteurs et soutenir la libre initiative dans ce domaine.

3. Encourager les artistes et veiller à leur participation aux expositions arabes, africaines et internationales.

4. Mettre en place un atelier de peinture dans l’une des maisons de la culture, réservé aux créateurs plasticiens.

5. Prévoir des incitations pour les décorateurs et calligraphes les plus inspirés et organiser des expositions nationales pour leurs produits.


d) – Le  Livre et l ‘édition
Contribuer au succès de la campagne du livre et de la lecture en cours, à travers :

1. L’institution d’une journée nationale de la lecture dénommée : le « temps de la lecture »  où des séances de lecture seront organisées dans les bibliothèques et les lieux de travail ;
 
2. La réalisation d’une unité d’impression et d’édition pour le Ministère, destinée à l’impression des œuvres des jeunes talents , des titres et travaux des différents services du Ministère ;

3. La création d’un fonds de soutien aux chercheurs oeuvrant dans les domaines de la culture ;

4. La dotation de la Bibliothèque Nationale en ouvrages et équipements modernes ;
 
5. L’organisation d’une exposition annuelle du livre, en collaboration avec les éditeurs nationaux et étrangers, pour mettre à la disposition du lecteur, au prix du marché, les plus récentes publications ;

6. La publication d’une collection annuelle sous le titre de : « Lecture pour tous », qui mettra sur le marché des ouvrages d’intérêt général à des prix symboliques.

Axe n°3 : Dans le domaine du patrimoine culturel

a) - Les Antiquités

1. Reconstituer et réorganiser les structures chargées du secteur du patrimoine (manuscrits, vestiges, sites historiques, etc.).

2. Dresser une carte archéologique nationale.

3. Enregistrer les sites archéologiques conformément à la législation régissant la protection du patrimoine.

4. Mener une recherche soutenue dans les différents musées et collections archéologiques de par le monde pour réunir les antiquités et manuscrits mauritaniens (des copies à défaut des originaux).
5. Ouvrir, auprès du musée national, un registre pour consigner les acquisitions archéologiques et objets précieux.
b) - Les Manuscrits

1. Collecter les manuscrits suivant  les données du recensement national en cours.

2. Editer les manuscrits de portée scientifique suivant un plan établi.

3. Soutenir  les bibliothèques privées de manuscrits par des procédés modernes.

4. Créer des centres de collectes pour réunir les manuscrits dans les régions de forte concentration en documents et inciter leurs propriétaires à les confier aux centres spécialisés.

5. Former des spécialistes dans la réparation et la conservation des manuscrits.

6. Installer un laboratoire pour la restauration et la conservation des manuscrits.

c. Les Musées

1. Dresser un programme complet pour le réapprovisionnement du Musée National et le doter de moyens modernes.

2. Former  des archéologues, des administrateurs  de musées et des guides et programmer des stages de perfectionnement pour l’équipe en place ;

3. Réaliser des musées spécialisés dans chaque capitale régionale suivant ses particularités professionnelles, scientifiques et climatiques  (pêche, agriculture, industrie, chasse, musique, manuscrits).

Axe n°4 : au niveau de l’activité culturelle

1. Construire des maisons de culture dans toutes les capitales régionales et les 9 moughataa de Nouakchott pour organiser les loisirs et assurer l’animation culturelle. Ces maisons seront équipées des  moyens nécessaires, (instruments de musique, accessoires du théâtre et de la lecture, du scoutisme, et des jeux intellectuels) .

2. Organiser des semaines culturelles annuelles dans l’un des états frères  et/ou amis pour faire connaître la renaissance culturelle du pays et la richesse de son patrimoine.

3. Organiser un festival de la poésie pour stimuler la création poétique et la soumettre à l’appréciation de la critique.

4. Encadrer les associations culturelles locales et leur apporter soutien technique.
 
5. Publier annuellement un recueil de poèmes ou un ouvrage tiré des célébrités du patrimoine culturel ou des créations récentes de qualité, avec le concours de bonnes volontés nationales (ligues des hommes de lettres , oulémas et artistes, etc.) ou étrangères (ministères de culture des pays amis, institutions internationales).


Axe n°5 : mesures complémentaires et d’accompagnement

a) - Coopération internationale

La coopération internationale sous toutes ses formes (avec les organisations internationales, régionales, continentales ; la coopération bilatérale....) sera le nerf de cette politique culturelle tant que l’Etat et le secteur privé n’auront pas les moyens suffisants pour répondre aux besoins de cette politique en matière de financement et d’expertise.

Pour réaliser les objectifs de cette coopération internationale, il convient de multiplier les contacts avec les  Etats et les organismes susceptibles d’apporter un soutien à notre politique. A cet effet, il importe de :

1.Veiller à la participation régulière  de notre pays à toutes les manifestations de portée culturelle ;

2.Veiller au versement régulier de la contribution de notre pays dans les budgets des organisations auxquelles nous adhérons ;
 
3.Etablir des accords et des programmes communs pour obtenir l’assistance technique et les équipements dont le pays a besoin.

b) - Formation

Comme on peut le remarquer, nous avons chaque fois insisté dans les volets de cette politique sur l’importance de la formation, car elle constitue la clef du succès et elle garantit la pérennité de l’action de développement dans le domaine de la culture.

Aussi, les mesures suivantes sont – elles envisagées :

1.Déterminer les besoins du secteur dans le domaine de la formation. Cet objectif sera réalisé, à court terme, par l’organisation de stages de perfectionnement et des cycles de formation et à moyen terme, par le biais de formations moyennes et des séjours à l’étranger pour complément de spécialisation ;

2.Ouvrir des instituts et des centres spécialisés selon nos possibilités et suivant nos besoins .

c) - Communication et Sensibilisation
 
La diffusion de cette politique appelle une large campagne de sensibilisation qui met à contribution et mobilise tous les acteurs et les différentes  catégories sociales qui sont ciblées par cette action, dans tous secteurs et milieux. Il s’agit d’impliquer toutes ces composantes et de s’assurer de leur engagement et leur ferme soutien.

La culture qui est considérée par tous comme un droit et une propriété collective au même titre que l’enseignement, la santé et la sécurité est aussi l’élément régulateur du développement et son levier de commande.

d) - Suivi

Une cellule centrale sera chargée du suivi de la mise en oeuvre de cette politique. Elle relèvera à chaque  étape les lacunes et les points forts de l’action culturelle pour  tirer les leçons qui dicteront les choix à venir.


V . CADRE DE MISE EN ŒUVRE

a) Le Dispositif de Pilotage

La mise en œuvre de la stratégie du développement culturel incombe au Ministère de chargé de la culture  où elle trouve son ancrage institutionnel.

Cependant, le développement culturel  implique au plan gouvernemental la coopération de différents départements ministériels. A ces structures étatiques s’ajoute naturellement le communauté culturelle nationale, ainsi que de nombreux organismes qui favorisent la participation de leurs membres aux activités culturelles et récréatives. De telles structures constituent de plus en plus le cadre privilégié d’harmonisation des politiques nationales. 

C’est pourquoi, les mécanismes de coordination, de suivi et d’exécution de la stratégie de développement culturel devront s’inscrire dans une démarche globale et transversale. Sur cette base, il est proposé un cadre comprenant :

- un organe consultatif : Un Conseil National de la culture, placé sous la présidence du Ministre chargé de la culture et qui regroupera les représentants de tous les acteurs concernés par l’action culturelle (départements ministériels, organisations culturelles , collectivités locales et privées, intellectuels) ;

- un organe technique de coordination : Un comité de pilotage de la stratégie du développement culturel, qui sera dirigé par un Coordonnateur, haut fonctionnaire, nommé par le Ministre chargé de la culture. Il regroupera les représentants des ministères concernés, de la communauté culturelle  nationale, des  institutions de la société civile participant à l’encadrement culturel et des bailleurs de fonds intervenant dans le financement des activités d’opérationnalisation de la politique nationale culturelle.

- Des organes d’exécution : Des comités régionaux de suivi placés sous l’autorité des Walis seront créés. Ils seront composés  des représentants des services concernés, des ONGs locales, des élus locaux et des associations culturelles.


b) - Le schéma de financement :

La mise en œuvre de la stratégie du développement culturel implique une mobilisation accrue de ressources de la part de l’Etat, des collectivités décentralisées, des partenaires au développement et du secteur privé.

• A ce titre, en plus du renforcement institutionnel du Ministère chargé de la culture, l’Etat prendra les mesures suivantes :

 . La reconnaissance au secteur d’un statut de domaine stratégique transversal de lutte contre la pauvreté, sa prise en compte dans le CSLP et l’élaboration d’un CDMT sectoriel conforme aux orientations de la politique nationale culturelle ;

 . La dotation du Ministère chargé de la culture, de ressources provenant du budget consolidé d’investissement pendant la période de 2004 à 2010 ;

 . L’inscription de crédit de contre partie pour les programmes et projets financés par l’aide publique au développement (APD) ;

 . L’inscription  annuelle et au budget du département chargé de la culture de crédits spécifiques destinés  d’une part aux frais de participation de nos troupes aux compétitions internationales, et d’autre part, aux frais d’organisation des manifestations  nationales ;

*  Les collectivités décentralisées seront incitées à inscrire dans leur budget, des ressources pour le financement des activités au niveau régional et local.

• Les partenaires bi et multilatéraux seront saisis pour identification de leur centre d’intérêt et détermination de leur engagement.


c) - Les conditions optimales de réussite :

La mise en oeuvre de la stratégie du développement culturel sera une occasion de dialogue permanent entre les différents acteurs intervenant dans le secteur, afin d’obtenir une appropriation de la politique et la traduction effective des priorités dans les inscriptions budgétaires et les pratiques institutionnelles.

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